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Cabaret autour du Bœuf sur le toit, présenté par le Piano Ouvert
“New York est à Belleville…N’est-il pas?”

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Carnegie’Small au studio le Regard du Cygne. Frank Martin (1890-1974) : Fox Trot ; George Gershwin (1898-1937) : Nice work if you can get it ; Embraceable you ; Harry Warren (1893-1981) : Lullaby of Broadway ; Jaap Kool (1890-1959) : Broadway ; Francis Poulenc (1899-1963) : Hôtel ; Darius Milhaud (1892-1974) : Le Bœuf sur le Toit. Décor : Judith Bledsœ. The Nothing Doing Band (Joanna Feder, danseuse). Stéphane Leach, pianiste. Guy Livinston, pianiste. Marcos Pujol, chanteur. Evan Rothstein, violoniste.

Il est des jours où l’on fait d’agréables découvertes. Tel fut le cas dimanche dernier au studio le Regard du Cygne rue de Belleville. Situé au fond d’une petite cour, ce vieil atelier d’artiste – transformé en studio de danse et salle de concert il y a de cela 20 ans – est un lieu emprunt d’une certaine magie, voire de nostalgie. Une fois dans la salle, se déploie un tableau qui ne demande qu’à s’animer : un piano ouvert sur lequel sont posés pêle-mêle des partitions, des verres ainsi que des bouteilles de vin. Derrière l’instrument, de petites peintures représentant la ville de New York. Le décor est planté, nous sommes dans un appartement à New York.

C’est dans ce cadre sorti tout droit des films en noir et blanc d’Hollywood que le Nothing Doing Band nous a proposé un petit voyage musical dans le New York des années 1920. Dans cet appartement, des musiciens se rencontrent, deux pianistes, un violoniste et un chanteur. Ambiance feutrée autour d’un bon verre de vin, le tout accompagné de la musique de Frank Martin et de Gershwin ; tel est le début du spectacle. Soudain tout s’anime et en un morceau – ou plutôt en une ” berceuse de Broadway ” – on se retrouve dans la rue mythique. Le piano se transforme en taxi jaune, des bâtiments apparaissent et nous voilà pris dans la cohue de New York.

Pour clore notre petite promenade, les musiciens nous ont convié dans un bar enfumé afin d’y écouter trois musiciens jouant le Bœuf sur le toit. Ce spectacle avait déjà été présenté en ce lieu l’année passée. De petites touches ont été ajoutées à l’argument de Jean Cocteau, certains pourraient critiquer la démarche sous couvert de fidélité au texte mais qu’importe. A l’image de tout le spectacle, ces rajouts sont pleins d’humours et faits avec beaucoup de finesse. Citons comme exemple une phrase concernant ces trois musiciens qui ” méditent sur la nature incertaine et intermittente de leur profession “. Après ce court texte introductif, les musiciens nous entraînent dans la musique revigorante de Darius Milhaud.

Le chanteur devenu récitant met en scène les différents personnages du Bœuf figurés sur des panneaux qu’il déplace, ceux-ci s’animent et deviennent réels. C’est une magnifique ” comédie musicale ” que nous offre le Nothing Doing Band pour terminer la représentation. Les acteurs de ce spectacle sont tout simplement excellents, notamment Marcos Pujol, baryton parfaitement bilingue qui possède une excellente diction que ce soit en anglais ou en français.

Ce voyage n’est pas très long – à peine plus d’une heure – mais à l’image du vin cuvée ” Bœuf sur le toit 1920 ” que les musiciens dégustent, il se savoure.

Rédacteur : Trâm Nguyen-Journet http://www.resmusica.com

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